SEDIMA investit 20,3 milliards FCFA dans une filière avicole intégrée au Congo
La Rédaction
Publié le 7 oct. 2026 · 3 min de lecture

Une unité de production d’aliments du groupe SEDIMA Source : Revue de l’Alimentation Animale
À Nkouo, dans le département du Pool, sa filiale SEDIMA Congo porte un investissement d’environ 20,3 milliards FCFA destiné à construire une chaîne allant de la production de maïs et de soja jusqu’à l’abattage et au conditionnement des poulets.
Le projet repose sur un principe simple : produire localement une partie des matières premières nécessaires à l’alimentation des volailles plutôt que de bâtir uniquement des capacités d’élevage. SEDIMA prévoit ainsi une production annuelle de 10 800 tonnes de maïs et 6 600 tonnes de soja sur un domaine foncier de près de 6 000 hectares.
Ces volumes doivent notamment alimenter une usine capable de produire 25 382 tonnes d’aliments pour volailles par an. Le complexe comprendra également des fermes de reproducteurs, un couvoir, des élevages de poulets de chair et de poulettes, ainsi qu’un abattoir et des installations de conditionnement.
À pleine capacité, le dispositif doit produire environ 5,3 millions d’œufs à couver et 3,3 millions de poussins d’un jour par an. S’y ajouteront 80 000 poulettes prêtes à pondre et 2 200 tonnes de poulets de chair. Ces chiffres permettent surtout de mesurer le degré d’intégration recherché : SEDIMA veut maîtriser simultanément les céréales destinées à l’alimentation animale, les intrants avicoles et la production de viande.
Le montage financier reflète l’ampleur industrielle du projet. La Banque de développement des États de l’Afrique centrale doit apporter 5 milliards FCFA, soit près du quart de l’investissement. BSCA Bank doit également mobiliser environ 5 milliards FCFA, BGFIBank 4 milliards et LCB Bank 1 milliard. SEDIMA Congo complètera le financement avec environ 5,2 milliards FCFA de fonds propres.
PublicitéL’enjeu est particulièrement important pour un marché congolais qui reste dépendant des importations de poulet et d’intrants pour l’alimentation animale. En intégrant le maïs et le soja en amont de la chaîne, SEDIMA cherche à réduire une partie de cette dépendance tout en sécurisant ses propres coûts de production.
Le projet peut également avoir un effet au-delà des seuls élevages exploités par le groupe. La production locale de poussins d’un jour et d’aliments pour volailles constitue deux intrants essentiels pour les éleveurs indépendants. Une partie de la capacité industrielle pourrait donc contribuer à structurer plus largement l’écosystème avicole congolais si ces produits sont effectivement distribués sur le marché.
L’implantation de Nkouo est l’aboutissement d’une stratégie engagée depuis plus d’une décennie. SEDIMA explore le marché congolais depuis 2014-2015 et avait déjà annoncé son intention de développer localement la production de poussins et de produits avicoles. Le nouveau complexe représente aujourd’hui son investissement étranger le plus important annoncé à ce jour.
Pour le groupe sénégalais, l’opération constitue aussi un test de l’exportation de son modèle industriel en Afrique centrale.










