Le Ghana vise l’autosuffisance en riz dès 2028
La Rédaction
Publié le 8 oct. 2026 · 3 min de lecture

Un agriculteur inspecte un champ de riz proche de la maturité. Source : Image d’illustration
Le Ghana produit davantage de riz, mais près d’un grain sur deux consommé dans le pays vient encore de l’étranger. Le gouvernement veut faire disparaître cet écart en deux ans et fixe désormais un objectif de 3,31 millions de tonnes de paddy en 2028.
Le défi est conséquent. La production de riz blanchi est passée d’environ 650 000 tonnes à 900 000 tonnes en 2024, puis à 960 000 tonnes en 2025. Malgré cette progression, la production locale ne couvre actuellement qu’environ 56 % des besoins.
Les importations fournissent les 44 % restants et coûtent chaque année entre 320 et 500 millions de dollars au pays.
Accra ne prévoit pourtant pas de fermer brutalement ses frontières au riz étranger. La stratégie annoncée consiste plutôt à utiliser progressivement les importations comme levier pour développer la production nationale.
Les quotas accordés aux importateurs devront être liés à des investissements locaux, avec l’obligation d’établir des partenariats vérifiables avec des producteurs ghanéens pour obtenir des permis d’importation.
Cette politique doit s’appuyer sur le programme Feed Ghana et sur le projet régional REWARD consacré au développement de chaînes de valeur rizicoles résilientes en Afrique de l’Ouest.
Le Ghana bénéficie pour ce dernier d’une subvention de 18,8 millions de dollars de la Banque africaine de développement.
PublicitéUne partie des investissements sera concentrée dans la zone écologique des savanes du nord, l’un des principaux bassins rizicoles du pays. Le projet prévoit d’aménager 3 200 hectares et de toucher plus de 20 000 petits producteurs.
L’intervention ne se limitera pas à augmenter les surfaces. Des semences améliorées, des repiqueuses, des semoirs, des pulvérisateurs et des mini-moissonneuses-batteuses doivent également être mis à disposition.
Le rendement constitue l’un des principaux leviers de la stratégie. Sur les exploitations accompagnées par REWARD, l’objectif est de passer de 3,5 à 4,5 tonnes par hectare. À l’échelle du programme Feed Ghana, les projections gouvernementales sont encore plus ambitieuses et tablent sur un rendement moyen national pouvant atteindre 4,8 tonnes par hectare en 2028.
Produire davantage ne suffira toutefois pas si le riz ne peut pas être correctement transformé et écoulé. Dix centres de transformation doivent être équipés, notamment avec du matériel d’étuvage. Des solutions de stockage hermétique sont également prévues pour limiter les pertes après récolte.
Le gouvernement cherche parallèlement à sécuriser une partie des débouchés. Le riz produit dans le cadre du programme doit notamment approvisionner les écoles, les prisons et d’autres institutions publiques. Cette demande institutionnelle pourrait offrir aux producteurs et transformateurs locaux des marchés plus prévisibles à mesure que les volumes augmentent.
Un autre financement viendra compléter le dispositif. Le Japon apporte 394 millions de yens, soit environ 2,5 millions de dollars, pour renforcer les capacités de production de semences de riz. Des moissonneuses-batteuses, équipements de nettoyage des semences et autres matériels doivent arriver au Ghana à partir de novembre.
Le calendrier est désormais serré. Le projet REWARD doit être officiellement lancé au début du mois de novembre, avant la campagne agricole 2027. Pour atteindre l’autosuffisance en 2028, le Ghana devra simultanément augmenter les rendements, étendre les surfaces, moderniser la transformation et convertir une partie des centaines de millions de dollars aujourd’hui consacrés aux importations en débouchés pour sa propre filière rizicole.










