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Barry Callebaut veut tripler sa production de chocolat et renforcer la traçabilité du cacao ivoirien

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La Rédaction

Publié le 8 oct. 2026 · 4 min de lecture

Barry Callebaut veut tripler sa production de chocolat et renforcer la traçabilité du cacao ivoirien

Rencontre entre des responsables ivoiriens et une délégation internationale à Abidjan. Source : Ministère du Commerce, de l’Industrie et de l’Artisanat de Côte d’Ivoire

Le groupe suisse Barry Callebaut veut tripler la capacité de sa ligne de production de chocolat en Côte d’Ivoire. L’ambition, présentée le 6 octobre 2026 à Abidjan par son président-directeur général Hein Schumacher, s’inscrit dans un programme de croissance sur dix ans. Le groupe prévoit également de faire passer l’ensemble de ses achats de fèves par le Système national de traçabilité (SNT).

L’annonce marque une nouvelle étape dans le développement des activités du groupe, historiquement concentrées sur la collecte et la transformation des fèves. Barry Callebaut souhaite désormais renforcer la fabrication locale de chocolat et diversifier son offre pour répondre à la demande des marchés ivoirien et régional.

Présent en Côte d’Ivoire depuis 1964 à travers sa filiale Société africaine de cacao (SACO), le groupe dispose de deux grandes unités de broyage à Abidjan et San-Pédro, ainsi que d’une chocolaterie inaugurée en 2024 à Marcory. Ses installations représentent une capacité de broyage de 230 000 tonnes de fèves par an.

Barry Callebaut achète en outre environ 210 000 tonnes de cacao auprès de quelque 250 000 producteurs. Ses activités et celles de ses prestataires mobilisent près de 3 000 personnes dans le pays. Ces chiffres illustrent son poids dans la filière ivoirienne, mais aussi l’importance de ses futurs choix d’investissement pour l’écosystème local.

L’expansion envisagée concerne spécifiquement la production de chocolat. Elle se distingue donc d’une augmentation des capacités de broyage, qui permettent de transformer les fèves en produits intermédiaires comme la masse, le beurre ou la poudre de cacao. La fabrication de chocolat constitue une étape supplémentaire dans la chaîne de valeur, avec des opérations de formulation, de fabrication et de conditionnement.

Pour la Côte d’Ivoire, ce positionnement rejoint une ambition ancienne, celle de conserver une part plus importante de la valeur créée à partir de son cacao. Premier producteur mondial de fèves, le pays cherche à développer davantage d’activités industrielles en aval de la filière, alors qu’une grande partie de la valeur des produits chocolatés finis est encore générée à l’étranger.

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Parallèlement à cette expansion industrielle, Barry Callebaut entend renforcer son intégration au dispositif national de traçabilité du cacao. Lors d’une rencontre avec le directeur général du Conseil du Café-Cacao, Koné Brahima Yves, Hein Schumacher a annoncé l’objectif de réaliser, à court terme, 100 % des achats de fèves du groupe à travers le SNT.

Ce système doit permettre de suivre le cacao depuis les exploitations jusqu’aux circuits de commercialisation, en s’appuyant notamment sur l’identification des producteurs et la géolocalisation des parcelles. Pour Barry Callebaut, son adoption généralisée représenterait une évolution importante dans l’organisation de ses approvisionnements, en complément des dispositifs de traçabilité déjà développés par le groupe.

L’engagement intervient alors que les exigences de transparence et de durabilité occupent une place croissante dans le commerce international du cacao. L’utilisation du système national doit notamment faciliter la cohérence des informations collectées par les opérateurs privés et le régulateur ivoirien. Barry Callebaut a également exprimé sa volonté d’accompagner le Conseil du Café-Cacao dans le renforcement de la recherche sur le cacao.

Les échanges avec les autorités ivoiriennes ont aussi porté sur les conditions de développement des activités industrielles. Le ministre du Commerce, de l’Industrie et de l’Artisanat, Kalil Konaté, a encouragé le groupe à poursuivre ses investissements et à développer des partenariats avec les entreprises locales. Il a notamment plaidé pour une implantation accrue des unités industrielles dans les bassins de production.

Plusieurs contraintes restent néanmoins présentes, notamment les maladies affectant les plantations, la baisse attendue de la récolte, les difficultés logistiques dans les ports et les besoins énergétiques des installations industrielles.

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