Afrique australe : les prix du maïs repartent à la hausse malgré des récoltes abondantes
La Rédaction
Publié le 13 oct. 2026 · 3 min de lecture

Épis de maïs en maturation dans un champ, une céréale essentielle à l’alimentation humaine et animale en Afrique. Source : Image d’illustration
Les prix du maïs ont poursuivi leur progression en septembre 2026 sur plusieurs marchés d’Afrique australe, malgré l’amélioration des disponibilités céréalières après les récoltes de l’année. D’après les données de suivi des prix alimentaires de la FAO, cette tendance concerne notamment l’Afrique du Sud, la Zambie et le Malawi, trois pays dont les marchés sont étroitement liés par les échanges régionaux de céréales.
En Afrique du Sud, les prix de gros du maïs blanc et du maïs jaune ont augmenté pour le troisième mois consécutif. Ce mouvement succède à plusieurs mois de baisse, favorisés par une récolte nationale record en 2026. Les volumes disponibles restent importants, mais les cours ont commencé à intégrer les tensions observées sur les marchés internationaux et les perspectives de production pour la prochaine campagne.
Le maïs blanc occupe une place centrale dans l’alimentation des ménages sud-africains, tandis que le maïs jaune est principalement destiné à l’alimentation animale. L’évolution de leurs prix concerne donc à la fois les industries de transformation céréalière, les fabricants d’aliments pour animaux et les filières d’élevage.
La remontée des cours intervient alors que les perspectives météorologiques pour la campagne 2026-2027 suscitent des inquiétudes. Le développement d’un épisode El Niño pourrait entraîner des précipitations inférieures à la normale dans certaines zones de production d’Afrique australe. Les opérateurs anticipent notamment les conséquences possibles d’une réduction des récoltes et d’une augmentation des besoins d’importation des pays voisins.
L’Afrique du Sud joue un rôle important dans l’approvisionnement régional en maïs. Ses exportations alimentent notamment les marchés du Zimbabwe, du Botswana, de la Namibie et du Mozambique. Les cours sud-africains constituent ainsi une référence pour les négociants et les importateurs de plusieurs pays de la sous-région.
PublicitéEn Zambie, le prix moyen national du maïs a enregistré en septembre sa première hausse mensuelle depuis février 2026. Cette évolution intervient après une longue période de repli des cours, liée au redressement de la production nationale. En août, les prix avaient atteint leur plus bas niveau depuis janvier 2023 et se situaient 57 % en dessous du sommet enregistré en février 2025.
La Zambie bénéficie également d’une amélioration de ses disponibilités céréalières, après une récolte 2026 supérieure à la moyenne. Le pays avait été fortement affecté par la sécheresse de 2024, qui avait réduit la production et contribué à une forte hausse des prix alimentaires. Le redressement de l’offre a depuis permis de détendre le marché intérieur et de reconstituer les possibilités d’approvisionnement régional.
Au Malawi, les prix de détail du maïs ont augmenté pour le troisième mois consécutif en septembre. La hausse reste toutefois contenue par l’amélioration de la récolte nationale et les importations réalisées au cours de l’année. Le pays demeure sensible à l’évolution des prix zambiens, qui influencent le coût d’une partie de ses approvisionnements.
Les variations de change jouent également un rôle dans ces échanges. L’affaiblissement du kwacha malawite face à la monnaie zambienne renchérit les achats de céréales en provenance de Zambie, même lorsque les disponibilités physiques sont importantes.
Malgré ces augmentations mensuelles, les prix du maïs restent généralement inférieurs à leurs niveaux de l’année précédente dans les principaux pays producteurs de la sous-région. Les récoltes abondantes de 2026 continuent de limiter la progression des cours, tandis que les anticipations climatiques pour 2027 commencent à peser sur les décisions des opérateurs commerciaux.










