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Gabon : la SAEG placée sous administration provisoire après l’échec de sa dissolution

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La Rédaction

Publié le 13 oct. 2026 · 3 min de lecture

Gabon : la SAEG placée sous administration provisoire après l’échec de sa dissolution

Le président gabonais Brice Clotaire Oligui Nguema et Raymond Ndong Sima lors d’une visite d’une serre maraîchère au Gabon. Source : Primature gabonaise

Le gouvernement gabonais a décidé, le 8 octobre 2026, de placer la Société d’agriculture et d’élevage du Gabon (SAEG) sous administration provisoire pour une durée maximale de 90 jours. Cette décision intervient après l’échec de sa dissolution au profit de la Société agropastorale du Gabon (AGROPAG), une restructuration engagée en février 2026 mais devenue juridiquement caduque faute de ratification des textes nécessaires.

Les ordonnances n°0014/PR/2026 et n°0015/PR/2026 du 26 février 2026 prévoyaient la suppression de la SAEG et le transfert de ses compétences, de ses activités et de son patrimoine à AGROPAG. Leur absence de ratification a cependant privé cette opération de son fondement juridique. La SAEG conserve donc son existence légale, alors même qu’elle ne dispose plus d’un organe de direction.

L’administration provisoire sera assurée par le directeur général de l’Agriculture, parallèlement à ses fonctions habituelles et sans rémunération supplémentaire. Il devra sécuriser les actifs de la société, réaliser un audit de sa situation et conduire une revue stratégique de ses activités. Ces travaux doivent notamment permettre d’établir l’état du patrimoine et des engagements de l’entreprise publique.

Cette nouvelle intervention marque un revers dans la réorganisation du dispositif agricole gabonais. Créée en 2024, puis instituée par une ordonnance du 31 août de la même année, la SAEG avait succédé à la Société de transformation agricole et de développement rural (SOTRADER), une structure détenue à 51 % par l’État gabonais et à 49 % par le groupe Olam. Elle devait renforcer l’intervention publique dans la production agricole, l’élevage et la commercialisation des produits locaux.

Pourtant, les difficultés opérationnelles étaient apparues avant même la décision de dissolution. En février 2026, le directeur général de la SAEG, Aubert-Aimé Ndjila, expliquait que les retards dans la finalisation juridique de la société et la mise à disposition des financements publics avaient freiné le démarrage des activités. Les moyens logistiques disponibles demeuraient également limités, avec notamment une dizaine de conteneurs et trois camions destinés au transport de bovins.

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Le remplacement de la SAEG par AGROPAG devait permettre de relancer les programmes agricoles publics. Cette dernière avait notamment vocation à développer la production agropastorale, la transformation et la commercialisation, dans un pays où les importations alimentaires représentent une part importante de l’approvisionnement national.

Les difficultés financières ont néanmoins persisté. Le Conseil des ministres du 8 octobre a reconnu l’existence d’arriérés de salaires au sein des deux sociétés. Le ministre de l’Économie et des Finances a reçu instruction de procéder en urgence au règlement d’un premier tiers des sommes dues, tandis que le solde devra être apuré selon un échéancier à définir.

La situation d’AGROPAG avait déjà suscité des inquiétudes au cours de l’année. En août 2026, plusieurs salariés dénonçaient quatre mois d’arriérés de rémunération, alors que le budget de la société n’avait pas encore été adopté. Selon la presse gabonaise, cinq conseils d’administration s’étaient tenus en trois mois sans permettre de résoudre cette difficulté.

La question du patrimoine agricole public constitue également un enjeu important de cette administration provisoire. Les actifs concernés comprennent notamment des équipements, des moyens de transport et des exploitations agricoles situées dans différentes régions du pays. L’audit devra établir leur situation et clarifier les engagements associés aux deux structures.

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