Le Nigeria mise sur la spécialisation régionale pour développer son agriculture
La Rédaction
Publié le 6 oct. 2026 · 2 min de lecture

FG launches NiPHaST programme to boost food security / Triumph Newspaper
Le Nigeria veut revoir l’organisation de sa politique agricole en encourageant davantage les États à concentrer leurs efforts sur les productions pour lesquelles ils disposent des meilleurs atouts. Cette orientation doit permettre de mieux coordonner les investissements, les infrastructures et les interventions publiques dans un pays où les politiques agricoles restent encore largement fragmentées.
Cette approche s’inscrit dans la nouvelle stratégie nationale du système agroalimentaire préparée pour les dix prochaines années. Le gouvernement fédéral souhaite notamment mieux articuler ses priorités avec celles des États et inscrire son action dans les engagements pris dans le cadre de la Déclaration de Kampala, qui fixe les grandes orientations agricoles africaines pour la période 2026-2035.
L’un des principaux changements envisagés repose sur une spécialisation plus affirmée des territoires. Plutôt que de chercher à développer simultanément les mêmes cultures dans l’ensemble du pays, chaque zone serait davantage accompagnée en fonction de ses ressources naturelles, de ses capacités de production, de ses infrastructures et de ses débouchés.
Cette organisation doit également faciliter le développement des chaînes de valeur. L’objectif n’est plus seulement d’accroître les volumes produits, mais aussi de renforcer la transformation locale, améliorer la commercialisation et attirer davantage d’investissements privés autour des filières considérées comme prioritaires.
PublicitéLe Nigeria a parallèlement renforcé plusieurs programmes destinés à soutenir cette transformation. Le pays vise notamment un approvisionnement de 1,1 million de tonnes d’engrais en 2026.
Les achats réalisés dans le cadre de la Presidential Fertiliser Initiative auraient déjà permis de réduire sensiblement les coûts d’acquisition des intrants, tandis que plusieurs centaines de milliers de tonnes ont été sécurisées depuis le début de l’année.
La mécanisation constitue un autre axe important. Une nouvelle politique adoptée en août prévoit le développement de services mécanisés accessibles aux producteurs et l’augmentation progressive des capacités locales d’assemblage de tracteurs. Le gouvernement ambitionne notamment une production comprise entre 2 000 et 4 000 tracteurs par an.
La réussite de cette nouvelle orientation dépendra toutefois de la capacité des autorités fédérales et locales à coordonner ces différentes initiatives. Pour Abuja, l’enjeu est désormais de transformer une succession de programmes agricoles en un dispositif plus cohérent, construit autour des réalités et des avantages productifs de chaque territoire.










